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mai 30, 2004

Troubles

Natacha n'écoutait même plus les conversations, elle était lasse de ces discussions stériles, qui se terminaient toujours par un rire gras et bête, qui montrait bien le niveau de QI de ses compagnons de tablée. Elle se laissait aller les bras croisés sur sa poitrine ferme et généreuse, la tête légèrement en arrière. Comme depuis bien longtemps, ces sorties au restaurant avec Marc et ses amis, lui étaient d'un terrible ennui. Toujours les mêmes histoires, les mêmes blagues graveuses, pas de surprise, pas de piment, bref sa vie devenait monotone et cela la désespérait.
Elle pencha la tête sur le côté, et regarda autour d'elle. La salle du restaurant était petite, quarante, cinquante couverts peut être, un tiers à peine était occupé. Pour se distraire un peu, elle commença à observer les gens dans la salle et à écouter discrètement les conversations.
Dehors, la pluie battante faisait un vacarme assourdissant, et le vent soufflait par de brusques rafales.
C'est alors, qu'un homme poussa la porte du restaurant, s'engouffrant en même temps qu'une bourrasque, et referma la porte bruyamment derrière lui. Il était ruisselant dans son imperméable vert. De l'eau coulait sur son visage, drainée par ses longs cheveux noir trempés. Il s'ébroua à la manière animale d'un chien mouillé, en même temps qu'il ôtait son imper.
Natacha, se retourna attirée par le bruit, et vit cette grande silhouette de dos, tendre son imper à l'hôtesse. Au même instant, l'homme se retourna en direction de Natacha. Leurs regards se croisèrent quelques secondes, puis il esquissa un sourire de politesse, sentant le regard de Natacha sur lui.
Elle sentit son cœur s'arrêter, ses lèvres devenir sèches, ses mains se mirent à trembler et son ventre se mit à durcir. Elle ne comprit pas tout de suite, ce qui lui arrivait.
L'homme s'était assis à deux tables d'elle sur sa gauche, et il lui lança un nouveau sourire, mais cette fois-ci large et soutenu, comme pour lui dire "message reçu". Son regard profond et soutenu la déshabillait, sans vulgarité, elle se sentit nue, mais paradoxalement absolument pas choquée, bien au contraire...
Sentant le regard de ce bel inconnu sur elle, Natacha se prit au jeu, et croisât bien haut ses cuisses, afin que sa jupe de velours marine remonte suffisamment, laissant apparaître le haut de son bas brodé. Elle fit alors semblant de prendre part à la conversation de sa table, juste pour ne pas éveiller l'attention sur elle. Elle jetait de furtifs regards en direction de l'homme, juste pour être certaine de son effet. Visiblement cela marchait à merveille, car l'inconnu, la soutenait d'un regard profond à chaque fois.
Elle décida donc de pousser un peu plus loin le jeu, et sortit toutes ses armes. Elle passait doucement sa langue sur ses lèvres, puis faisait de même avec son doigt, en poussant même le vice à introduire la première phalange entre ses lèvres. Elle était maintenant très excitée, et émoustillée de voir cet homme complice de son jeu.

C'est alors qu'un petit homme maigrelet entra dans le restaurant, s'avança en dodelinant de la tête, avec une démarche proche d'un chat, vers la table de l'inconnu. Il se pencha et l'embrassa tendrement sur la bouche, Natacha eut un haut le cœur, et décroisât ses cuisses.

Posted by Jean Pénicaud at 03:25 PM in Hasard de la vie | Permalink

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